Plusieurs centaines de photographes, journalistes et anonymes s’étaient réunis aux abords du Congreso à l’appel de l’association argentine des photojournalistes ARGRA, du syndicat des journalistes de Buenos Aires et de la fédération des journalistes argentins.


Entre 200 et 300 personnes s’étaient réunies aujourd’hui à 16h à l’endroit précis où Pablo Grillo a été touché par une cartouche de gaz lacrymogène hier. Tous ont scandé en cœur "fuera Bullrich", pour certains d’entre eux la ministre de la Sécurité argentine est la principale responsable. C’est le cas de Rodrigo Wilson : "elle doit démissionner. C’est une femme qui porte un passé et un discours de répression. C’est le troisième gouvernement dans lequel elle occupe ce poste et elle a fait la même chose à chaque fois. Tant qu’elle ne partira pas, des situations comme celle-là se produiront."
Le photojournaliste Pablo Grillo toujours entre la vie et la mort
Touché à la tête par un tir de cartouche de gaz lacrymogène, Pablo Grillo est toujours entre la vie et la mort. Le photojournaliste a été ciblé alors qu’il s’avançait seul pour faire une photo. Être blessé en faisant son travail de reporter, c’est le scénario que redoute Valeria Ruiz. Photographe depuis 20 ans, elle est venue au rassemblement accompagnée de sa fille. "C’est un moment très difficile. C’est devenu dangereux d’aller travailler. Du moins, je ne peux plus le faire sans me dire qu’il pourrait m’arriver quelque chose de grave. J’ai une jeune fille et c’est très dur de penser que je pourrais ne pas rentrer chez moi."
Y a-t-il eu tentative de déstabilisation ?
Depuis hier, dans les rues de la capitale argentine, des casserolades se font entendre. De nombreuses organisations de défense des droits de l’homme et syndicats ont organisé hier une conférence de presse pour demander le départ de la ministre de la Sécurité Patricia Bullrich. L’issue est incertaine, d’autant plus que pour Rodrigo Wilson : "il n’y aura aucune excuse de la part du gouvernement." Aucune enquête interne n’a pour le moment été ouverte. La ministre avance, sur ses réseaux sociaux, que les manifestants étaient armés et ont tenté de déstabiliser le pouvoir. Aucune preuve n'a, pour le moment, étayé ce propos.
"Ce n’est pas possible qu’on doive sortir avec des casques et des gilets pare-balles, comme si on était sur un terrain de guerre, dans une ville ou manifester est un droit constitutionnel. "
Pour Juan Pablo Barrientos, photojournaliste lui aussi, la réponse est claire : "Il n’y a même pas débat, Patricia Bullrich doit démissionner. Elle n’est pas apte pour ce travail." Pour lui, la situation est trop grave, il ajoute : "C’est important d’être ici, car on a un collègue blessé. Ce n’est pas possible que dans la ville de Buenos Aires, on voit un scénario comme ça se dérouler. Ce n’est pas possible qu’on doive sortir avec des casques et des gilets pare-balles, comme si on était sur un terrain de guerre, dans une ville où manifester est un droit constitutionnel."
À l’hôpital José Maria Ramos Mejia à Buenos Aires des dizaines de personnes se sont présentées aujourd'hui, suite à un appel lancé sur Instagram, pour faire un don de sang à Pablo Grillo. Les organisations et syndicats de travailleurs ont quant à elles déjà apporté leur soutien au mouvement des retraites pour mercredi prochain.
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