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Laurent Saint-Martin : “Il y a encore beaucoup d'opportunités à créer outre-Manche.”

Laurent Saint-Martin, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et des Français de l’étranger, s’est rendu à Londres, ce lundi 3 mars 2025. Le but de cette journée ? Aller à la rencontre de la communauté française du Royaume-Uni, s’entretenir avec des acteurs clés du tissu économique et anticiper de nouveaux défis de déplacement et d’entreprenariat outre-Manche : “Je dis aux entreprises françaises que le marché britannique leur tend les bras et qu'il y a encore beaucoup d'opportunités à créer ensemble.”

Laurent Saint MartinLaurent Saint Martin
Écrit par Ewan Petris
Publié le 7 mars 2025, mis à jour le 9 mars 2025

“Nous sommes quasiment la sixième ville de France ici, rien que sur Londres.” Une réalité qui rendait donc évident pour Laurent Saint-Martin, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et des Français de l’étranger, de venir outre-Manche pour rencontrer les acteurs de la vie des Français au Royaume-Uni. Entre discussions sur les enjeux éducatifs, notamment la nouvelle taxe affectant le système éducatif britannique, et rencontres avec des entrepreneurs engagés dans le dynamisme économique franco-britannique, ce déplacement met en lumière l’importance des liens qui unissent la France et le Royaume-Uni, tant sur le plan humain qu’économique.


 

Avec les nouvelles difficultés logistiques présentes au Royaume-Uni (visas, durcissement des règles migratoires, statut statutaire) est-ce toujours possible, et intéressant, pour les entreprises françaises de venir travailler ici ? 

 

Bien sûr. D'abord, les relations commerciales entre la France et le Royaume-Uni n'ont jamais cessé. Il existe toujours un fort potentiel entre ces deux pays. Cela est vrai tant pour les entreprises françaises qui exportent vers le marché britannique que pour celles qui s'y implantent.

Effectivement, depuis le Brexit, de nombreux défis se sont posés : des défis logistiques, douaniers, et de mobilité des personnes. Cependant, cela n'empêche pas que la France et le Royaume-Uni demeurent avant tout deux pays amis, avec des relations très solides et encore beaucoup de potentiel à développer. Je dis aux entreprises françaises que le marché britannique leur tend les bras et qu'il y a encore beaucoup d'opportunités à créer ensemble.

 

Vous avez rencontré aujourd'hui plusieurs parlementaires et représentants des Français de l'étranger. Quelles ont été les principales priorités évoquées lors de ces échanges ? 

 

D 'abord, nous avons au Royaume-Uni une communauté française qui est extrêmement nombreuse. Nous sommes quasiment la sixième ville de France, ici, rien que sur Londres. Donc il y a évidemment beaucoup de défis, que le consul général et ses équipes gèrent au quotidien.

 

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Nous avons des défis de simplification des démarches administratives, mais aussi des défis liés à la scolarité, qui sont extrêmement importants. Nous allons notamment en parler avec les parents d'élèves et la direction du lycée français Charles de Gaulle. 

Les sujets liés à l'augmentation des coûts et des frais de scolarité vont être abordés et représentent un vrai défi pour les familles. Il est de notre responsabilité de les accompagner dans cette situation. Nous allons bien sûr œuvrer tout au long de l'année 2025 pour moderniser et simplifier un certain nombre de démarches. Je pense notamment au renouvellement de passeport, à l'identité numérique et au service France Consulaire. Nous allons développer tout cela, au service d'un consulat plus modernisé, plus dématérialisé et plus rapide. 


 

Au-delà du Royaume-Uni, quelles sont aujourd'hui les priorités du gouvernement pour dynamiser le commerce extérieur français ? 

 

D'abord, il faut qu'il y ait plus d'entreprises qui tentent l'export ! Nous vivons dans un monde où les relations commerciales sont complexes, où une nouvelle donne commerciale s'impose, notamment dictée par les États-Unis. Il est donc essentiel de saisir les opportunités en diversifiant nos échanges commerciaux.

Il faut que davantage d'entreprises françaises exportent leurs produits, qu'elles explorent ce qui est possible partout dans le monde, notamment en Asie, dans les pays du Golfe ou en Amérique Latine. Il existe de nombreuses opportunités à saisir, et bien sûr, en Europe, il est nécessaire de continuer à accélérer dans ce domaine. Notre défi en matière de commerce extérieur est de convaincre nos partenaires, à commencer par les États-Unis, qu'une guerre commerciale n'est bénéfique pour personne. Nous devons également convaincre nos entreprises françaises qu'exporter est non seulement bon pour leur croissance, mais aussi pour leur rentabilité et leur développement. Il faut qu'elles osent exporter davantage.

 

Vous étiez à Londres il y a deux ans et demi, lors d'un événement organisé par Business France, où vous étiez directeur général. Qu'avez-vous retenu de votre précédent poste et en quoi cela vous sert-il aujourd'hui en tant que ministre délégué chargé des Affaires étrangères ?

 

J'en retiens d'abord une proximité avec les entreprises, qui est la clé du succès de l'accompagnement du commerce extérieur français. Il faut connaître les chefs d'entreprise, comprendre leurs préoccupations et savoir les accompagner avec plus d'efficacité. Il ne faut pas être une administration sourde et sûre de nous, il faut être à l'écoute des cadres, comprendre quels sont leurs freins à l'export aujourd'hui et essayer de simplifier au maximum leurs démarches. C'est d'abord ce qu'ils attendent de nous : être des simplificateurs et des facilitateurs du commerce.