Pour la 8e édition, Mujeres Avenir a su à nouveau rassembler un large public pour la remise de son Prix et la Conférence internationale "Femmes et Diplomatie", organisés dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars. Plus d'une centaine de personnes, dont de nombreuses ambassadrices en poste à Madrid, se sont jointes à cet événement emblématique, témoignant de la capacité de l'association à mobiliser hommes et femmes dans un esprit de bienveillance et de générosité et organisé avec le soutien du ministère de l'Egalité espagnol et de l'Ambassade de France en Espagne. Sous le thème "Opportunités de leadership pour les femmes dans la vie politique, économique et publique", la rencontre a abordé l'objectif 5.5 des Objectifs de Développement Durable (ODD), qui vise à garantir une participation pleine et effective des femmes dans les sphères de décision.


Le contexte international et une vague de remise en cause des avancées féministes à l'échelle globale, n'invitaient pas forcément à l'optimisme. Comme l'a évoqué Helena Cosano, conseillère culturelle à l'Ambassade d'Espagne à Berlin et modératrice de la conférence, "l'égalité des sexes n'est jamais acquise de façon permanente." Aujourd'hui peut-être, moins qu'hier. La rencontre orchestrée par Mujeres Avenir aura néanmoins contribué à transmettre une note d'espoir et de réconfort, en portant haut et fort un discours qui ne saurait être tu et en donnant l'exemple d'une sororité toujours chaleureuse. Les "soft kills" dont font preuve les représentantes de l'association, les intervenantes aux débats qu'elle organise et d'une façon générale l'univers qui l'accompagne expliquent en grande mesure le succès des manifestations que Mujeres Avenir élabore. Elles illustrent bien les mots d'une ambassadrice intervenant à la tribune : "Une présence féminine accrue au sein des équipes de négociation et de médiation permettraient des avancées certaines dans la résolution des conflits internationaux".
La diplomatie féminine constitue, il faut l'espérer, la diplomatie de l'avenir. Les choses évoluent à cet égard et la conférence aura contribué à mettre en valeur l'augmentation de la présence des femmes dans les équipes diplomatiques des pays représentés à la tribune. A cet égard, on notera que la France, avec 5 Consules générales (dont Nathalie Berthy, Consule Générale de France à Madrid, présente sur la cérémonie) et une Ambassadrice en poste à Madrid, est bien placée pour le savoir. L'Espagne n'est pas en reste et constitue, à bien des égards, un modèle pour de nombreux pays dans le monde.

C'est aussi sur cette note d'espoir que la ministre espagnole de l'Égalité, a ouvert la conférence. Ana Redondo García a insisté sur l'urgence de renforcer l'égalité : "Nous sommes du bon côté de l'Histoire. En période de régression, une alliance féministe comme celle proposée par Mujeres Avenir constitue un phare d'espoir. L'égalité n'est pas une faveur, c'est un droit, et sa défense est notre responsabilité historique", a-t-elle déclaré. María Luisa de Contes, Présidente fondatrice de l'association, a quant à elle réaffirmé ce message en rappelant que "la qualité d'une démocratie se mesure à l'égalité entre les femmes et les hommes".
Mujeres Avenir: un prix pour récompenser l'engagement féminin
L'un des moments forts de cette édition a été la remise du Prix Mujeres Avenir 2025 à la Costa-ricaine Dyanne Marenco González, présidente du Comité Régional Interaméricain de la Croix-Rouge. En alternance d'une année à l'autre, Mujeres Avenir met en valeur avec ce Prix des femmes issus des univers de la francophonie et de l'hispanité. Dans un discours inspirant, la lauréate a rappelé l'apport des femmes à l'Histoire et la nécessité de poursuivre la lutte pour l'égalité : "Nous avons écrit l'Histoire du monde, mais souvent elle a été écrite sans nous. Cette reconnaissance est un engagement à continuer de nous battre pour les femmes d'aujourd'hui et de demain."

La diplomatie féminine en première ligne
Plusieurs ambassadrices accéditées en Espagne ont pris part à un panel dédié à la place des femmes dans la diplomatie. Vesna Andree Zaimovic, Ambassadrice de Bosnie-Herzégovine, a souligné les progrès accomplis : "Aujourd'hui, 56 % de notre carrière diplomatique est féminine. Nous avons prouvé qu'aucun plafond de verre ne peut nous arrêter." Dans le même esprit, Catherine Fautrier, Ambassadrice de Monaco en Espagne, a rappelé que "dans un pays moderne, l'égalité doit être un pilier de la société", mettant en avant l'importance du soutien des hommes dans cette dynamique.
L'Ambassadrice de Mauritanie, Zeineb Ely Salem, a quant à elle pointé du doigt les défis persistants dans son pays : "Malgré des progrès avec 23 % de femmes au Parlement, beaucoup reste à faire. L'autonomisation économique des femmes et la lutte contre les mariages forcés sont des priorités." Enfin, Nüket Kücükel Ezbercila, Ambassadrice de Turquie, a évoqué les défis contemporains : "Les femmes sont partagées entre assurer l'avenir des générations futures et poursuivre leurs propres ambitions. La véritable difficulté réside dans notre capacité à briser les plafonds de verre tout en conciliant vie professionnelle et familiale."

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