Il est de ces lieux comme ça. De ce club de sport au nom improbable : YMCA…Retrouvez cette nouvelle balade new-yorkaise placée sous le signe du sport, un petit moment de poésie pour dévorer la Grosse Pomme.


Il est de ces lieux comme ça. De ce club de sport au nom improbable : YMCA. (Oui, vous avez envie de faire la choré ? Moi aussi, je l’ai eue. Pas sûr qu’elle me soit tout à fait passée, d’ailleurs.) Avec ses cinq étages et sa vingtaine de salles de muscu, aux appareils aussi improbables que le nom du dudit club. Auxquels je ne comprends rien, donc. Ou si peu. Sinon qu’ils vous font marcher, courir, souffrir de plaisir (ou pas) dans une ville qui vous pousse déjà à vous dépasser quotidiennement pour vivre, ou survivre (autre chanson, vous l’avez ?). Day to day, c’est vous, contre vous-même. Et puis, il y a ce bassin. Magnifiquement orné. Esprit Art Déco, avec des peintures de poissons et des écrits en typo gréco-romaine. Dont on ne saisit pas plus la signification que le reste, mais pas grave, c’est joli. Pas grand du tout. Quatre couloirs, trente mètres de long, à tout casser. Mais un peu caché dans l’immensité du YMCA. Oublié. Si bien qu’on est souvent seul dans son couloir. Si quelqu’un arrive, on « splite », on sépare le couloir en deux, et chacun prend son côté. On s’accorde vite, à droite ou à gauche. Comme pour le lit, avec son partenaire, toujours le même (de côté, hein, de partenaire, vous faites comme vous voulez). Si on est trois, on repart en « circle », on nage les uns derrière les autres. Aller, retour, aller, retour, en boucle. A la française, quoi. On est rarement plus que trois. Petitesse étrange dans cette ville-monde. Et on est bien comme ça.

Le saviez-vous ? La vraie histoire de Y.M.C.A
Vous connaissez forcément sa chorégraphie (plus avec les bras qu’avec les pieds…) qui dessine dans le vent les 4 lettres du titre « Y.M.C.A » : ces initiales ont marqué le genre disco. Mais saviez-vous que ce succès doit sa création en 1978 à deux producteurs français, Jacques Morali et Henri Belolo, passant devant une auberge de jeunesse de garçons à New York, qu’on appelle ici YMCA ? Pour le groupe qui va la chanter, la légende raconte qu’Henri et Jacques auraient croisé un Indien, dans un quartier de Big Apple, le Village (d’où le nom du groupe), puis un homme portant un chapeau de cow-boy dans un bar du même coin connu pour être le repaire des marginaux de tous bords. S’y ajoutent : un travailleur du bâtiment avec son casque de chantier, un policier en uniforme, un soldat, un motard… La communauté gay d’Amérique, mais aussi de toute la planète, se reconnaît rapidement dans ces clichés masculins, et le groupe rencontre son public.
La « Young Men’s Christian Association », fondée en 1844 par George Williams, un groupe issu de la jeunesse chrétienne, ne trouvera pas vraiment le titre à son goût, alors que, d’après les deux producteurs, c’est bien l’esprit des YMCA qui est véhiculé dans cette chanson : l’ouverture aux autres, le partage, la tolérance et le respect de la différence. Une chanson devenue un hymne mondial.
Sur le même sujet
