Édition internationale

Du Cambodge à Strasbourg le chef Brian Ouk exporte ses saveurs

Brian Ouk, chef d’origine cambodgienne et laotienne, a ouvert "Sousdey" à Strasbourg en 2024. Son objectif : faire découvrir la cuisine cambodgienne à un public peu habitué à ses saveurs.

Brian Ouk dans son restaurant Brian Ouk dans son restaurant
Photo : Elise Roy / Cambodianess
Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 5 mars 2025, mis à jour le 12 mars 2025

Un chef entre tradition et modernité

En octobre 2024, Brian Ouk, un jeune chef de 33 ans aux origines cambodgiennes et laotiennes, ouvrait "Sousdey" à Strasbourg. Avec une solide expérience en cuisine asiatique et occidentale, il décide de faire découvrir la cuisine de son cœur : le Cambodge. Mais tout n’a pas été simple pour Brian, qui a dû naviguer entre traditions et attentes d’un public strasbourgeois peu familier avec ces saveurs.

photo : Elise Roy
Photo fournie

"Quand je travaillais dans d’autres restaurants, j’ai voulu introduire des plats cambodgiens comme le lemongrass beef ou le Khao Soi laotien, mais ils n’ont jamais trouvé leur place", raconte-t-il. En effet, la clientèle occidentale préfère des plats moins épicés et plus familiers. C’est donc tout naturellement qu’il a décidé de se lancer à son compte pour ouvrir son propre restaurant, "Sousdey".

Un heureux hasard  

Le lieu de son restaurant, il l’a trouvé un peu par hasard, lors d’une visite dans une pagode. Un couple cambodgien qui avait tenu un restaurant pendant 30 ans cherchait à vendre son établissement. "J’ai visité l’endroit, ça m’a tout de suite plu", se souvient-il. Ce coup de cœur a marqué un tournant dans son parcours. "Sousdey", qui signifie "bonjour" en khmer, est né. Un nom simple, mais qui porte en lui toute la chaleur et l’hospitalité du Cambodge.

 

sousdey
Photo fournie 

Des saveurs authentiques, mais adaptées

Si Brian est déterminé à préserver les saveurs de son pays d’origine, il sait aussi qu’il doit les ajuster pour qu'elles plaisent ses clients. "Au début, je proposais des currys très traditionnels, mais ils étaient trop forts pour beaucoup. J’ai donc dû les modifier", explique-t-il. Mais il garde l’essence de la cuisine cambodgienne : "Le lait de coco est essentiel, et même si je modifie certains ingrédients, je garde toujours un plat authentique dans le menu".

Il a aussi un petit secret : il utilise du riz cambodgien, malgré son coût plus élevé. "C’est un choix important pour moi, même si ça me coûte un peu plus cher. Il faut que ce soit du riz cambodgien", affirme-t-il avec fierté.

Faire découvrir la cuisine cambodgienne, petit à petit

Malgré les difficultés liées à l’adaptation des plats, Brian reste optimiste. "Les clients aiment découvrir de nouvelles saveurs, mais il faut y aller étape par étape", dit-il. Pour aider les Strasbourgeois à se familiariser avec la cuisine cambodgienne, il prévoit d’organiser des après-midis de dégustation, afin de leur faire goûter des plats plus authentiques et peut-être moins connus, comme le Lok Lak – un plat de bœuf sauté à la sauce, qui pourrait bien séduire les plus curieux.

Loklak

"Je veux que mes clients découvrent la cuisine cambodgienne à leur rythme. Certains aiment, d’autres non, mais chaque jour, je vois que des gens osent enfin goûter des plats différents", conclut-il.

Avec "Sousdey", Brian Ouk n’aspire qu’à une chose : faire voyager ses clients, et peut-être, les faire tomber amoureux de la cuisine du Cambodge, un plat à la fois.

Avec l'aimable autorisation de Cambodianess, qui a permis la traduction de cet article et ainsi de le rendre accessible au lectorat francophone.

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