Un nouveau gisement de pétrole et de gaz offshore a été découvert en mer de Chine au sud de Shenzhen. Les découvertes s’accumulent et récompensent une politique de prospection active et sophistiquée.


Une découverte prometteuse pour la Chine
Révélée le 31 mars par la compagnie publique CNOOC (China National Oil Offshore Corporation), la nouvelle d’une découverte d’un nouveau champ pétrolifère en mer de Chine a été annoncée comme une victoire économique. L’enjeu est en effet de taille. La Chine domine le classement mondial des pays importateurs de pétrole, avec 11,1 millions de barils par jour en 2024. De plus, cette importation est sans cesse soumise à des risques géopolitiques, comme la guerre en Russie, les sanctions concernant l’Iran et le Venezuela, ou encore les multiples tensions au Moyen-Orient.
Pour la Chine, toute nouvelle production locale est donc synonyme de gain de souveraineté énergétique. La dernière découverte, située dans une zone non contestée de la mer de Chine, n’est distante que de 170 km de Shenzhen et se trouve à une profondeur d’eau moyenne de 100 mètres. Le gisement, baptisé Huizhou 19-6, a été attesté par un forage d’essai qui a permis d’obtenir une production quotidienne de 413 barils de pétrole brut et de 68000 m3 de gaz naturel.
Des réserves qui augmentent en Chine
Progressivement, la production pétrolière offshore s’accroît ainsi d’année en année. En 2024, la production nette de CNOOC a augmenté de 5,6% notamment grâce à la montée en puissance du champ pétrolier Bozhong 19-6 dans la baie de Bohai (nord de la Chine). Par ailleurs, toujours en 2024, onze découvertes de gisements offshore de pétrole et de gaz ont été annoncées, alors que 30 structures pétrolières ont été évaluées avec succès. De ce fait, fin 2024, CNOOC annonçait des réserves prouvées nettes de 7,27 milliards de barils « équivalent pétrole », soit 7,2% de plus qu’un an plus tôt.
Si on ajoute la production terrestre, selon l’administration nationale de l’énergie de Chine, la production de pétrole brut s’est élevée à 213 millions de tonnes en 2024, alors que l’extraction de pétrole de schiste a atteint 6 millions de tonnes, en hausse de plus de 30% par rapport à l’année précédente. Là aussi, la tendance devrait se poursuivre. Ainsi, le 3 mars dernier, Sinopec a annoncé la découverte de deux gisements de pétrole de schiste à Xinxing et Qintong (dans l’Est du pays). Les réserves prouvées combinées de ces deux secteurs ont été évaluées à 180 millions de tonnes.
De nouvelles techniques d'exploration
Une explication de ces découvertes successives est l’avancée technologique des sociétés chinoises. Ainsi, Huizhou 19-6 a été repéré grâce à des nouvelles théories d’exploration, tout comme Longkou 7-1, Qinhuangdao 29-6 ou encore Lingshui 36-1. En effet, l’exploration pétrolière et gazière en mer dans des couches profondes à ultra-profondes est soumise à de nombreux challenges, à commencer par des températures élevées, des fortes pressions ou encore des conditions complexes. Ces gisements se situent dans des réservoirs clastiques qui ont une faible perméabilité.
Aujourd’hui, le savoir-faire de CNOOC lui a permis de mettre en service des projets à l’étranger comme celui de Payara (Guyana). Plus récemment, la société publique chinoise a obtenu des contrats pétroliers pour 10 blocs d’exploration au Mozambique, au Brésil et en Irak. L’enjeu est de taille : 60% des réserves de pétrole et de gaz découvertes récemment dans le monde proviennent de couches profondes.
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