

Depuis des milliers d'années, les Chinois se fient à des croyances qui régissent tous les aspects de leur vie, de la naissance à la mort, au point de confondre parfois religion et superstitions? Suite de notre série et découverte aujourd'hui du bestiaire chinois et de la place de ses animaux mythiques dans le quotidien de nos hôtes
Le dragon chinois est un animal à la symbolique forte et plutôt sympathique. Au contraire de sa représentation en Occident, il bénéficie d'une image de protecteur, de légende sacrée bienveillante. De forme longiligne, il ne crache pas du feu mais il est associé à l'eau. Véritable divinité pour certains, il n'est pas rare de lui dédier un temple, à proximité d'un lac ou d'un cours d'eau. Selon les croyances, on ferait alors appel à lui pour invoquer la pluie mais aussi un pardon ou au contraire? une vengeance !
Pilier sur la tanière du dragon ! (Crédits photos : MD)
La légende est encore bien vivante et à Shanghai récemment encore, l'histoire de l'échangeur du dragon a animé avec passion les conversations des habitants, convaincus de l'authenticité de ce problème pour le moins? original. Revenons en 1995. Shanghai est en plein boom urbanistique et partout se construisent les voies surélevées, les gaojia. Au croisement de Yan'an Lu et de Chongqing Lu, les ingénieurs ne parviennent pas à construire un pilier capable de supporter un échangeur de quatre étages. A chaque tentative, le pilier s'écroule. Las, ils décident de faire appel à un moine bouddhiste pour comprendre la raison de ces échecs successifs. Selon le religieux, l'édifice est construit sur l'emplacement d'un dragon qui refuse de se laisser enfermer sous des tonnes de béton ! Les ingénieurs érigent alors avec succès un pilier à l'effigie du dragon, afin que ce dernier puisse circuler librement : l'échangeur peut enfin être construit sans encombre.
Le lion protecteur
Couple de lions à l'entrée d'une banque
Le Qilin ou la licorne chinoise?
Moins connu et plus discret, le qilin possède plusieurs morphologies différentes : on ne représente parfois comme un cerf, parfois comme un cheval et on traduit généralement son nom par licorne, à cause de son unique corne. L'animal annonce un heureux présage, il est bon de le croiser sur son chemin ! On le trouve généralement à côté des temples dédiés aux grands sages auxquels leur image est associée. Confucius lui même aurait vu un qilin avant sa mort et sa naissance est attribuée à la rencontre entre sa mère et la créature. Aujourd'hui, on le représente volontiers sur les décorations du Nouvel an tant son image est celle d'un animal bienfaiteur : il est gage de paix, de justice et de félicité, d'un bon gouvernement, d'un enfant en bonne santé? bref il est vraiment de bon augure ! Ouvrez les yeux et cherchez les qilin et autres créatures dans les rues, près des monuments ou sur vos peintures préférées? Vous verrez, ils sont partout !
Morgane Delaisse, (www.lepetitjournal.com/shanghai.html) Jeudi 8 novembre 2012
Source : Maurice TOURNIER, " L'imaginaire et la symbolique dans la Chine ancienne", L'Harmattan, 1991
Tous les 8 du mois, nous explorons un aspect insolite des croyances en Chine. Vous n'avez pas pu lire le précédent, cliquez ici !(article repris également dans la Lettre de Shanghai du Consulat général de France à Shanghai)
En décembre, rendez-vous cependant le vendredi 7, pour découvrir la symbolique des couleurs...
