Édition internationale

En Māori, le mot France se traduit par “Wiwi”

Le saviez-vous ? En langue Māori, le nom officiel de la France est Wiwi (oui oui). Mieux encore, en Te Reo Māori, l'expression pour le peuple de France devient "Te iwi o Wīwī". Voici une petite leçon de linguistique pour en apprendre un peu plus sur la formation des lieux dits en te Reo maori !

Zoom sur la carte du monde néo-zélandaiseZoom sur la carte du monde néo-zélandaise
Zoom sur la carte du monde néo-zélandaise
Écrit par Liz Fredon
Publié le 5 mars 2025, mis à jour le 21 mars 2025

 

Kia ora ! Ce qui veut dire bonjour dans la langue officielle de la Nouvelle-Zélande — les deux autres langues officielles étant l’anglais et la langue des signes néo-zélandaise — et considérée comme l'un des plus grands de tous les taonga, ou trésors culturels. Malgré une large domination de l’anglais, le te Reo maori est parlé par environ 140.000 personnes. Il n’est devenu la langue officielle qu’en 1987. Avec toutes ses spécificités, ce langage offre une grande richesse phonétique et métaphorique.

 

L’alphabet et les règles Māori 

L'alphabet Māori, ou Te Pū Taka Māori, est composé de 10 consonnes et de 5 voyelles. Par ordre alphabétique, ses lettres sont a, e, h, i, k, m, n, ng, o, p, r, t, u, w, wh. Chaque syllabe est composée d’une voyelle simple ou d’une combinaison consonne + voyelle (V ou CV). Le maori n'autorise donc que les syllabes ouvertes, comme toutes les langues polynésiennes.

Par conséquent, les lieux-dits se traduisent parfois de manière assez originale :

Pour le nom “Finland”, "Fin" devient "fi-na" et "land" devient "la-n(d)a". Les groupes de consonnes sont également interdits, donc nous supprimons le D. Ainsi, vous obtenez "fi-na-la-na". Aussi, le maori n'a pas le son F ni le son L. Au lieu de F, ils ont WH, qui se situe entre f et w. Et au lieu de L, ils ont R, comme le japonais. Ainsi, vous obtenez Whinarana.

Dans le cas de Londres, transformé en “Rānana”, le mot London a dû dire adieu à la syllabe « nd » qui était en son centre. Lo-no-do-no… puis vous ajoutez le reste des règles et oui, Ranana est né. Il est plus simple d’imaginer le scénario très probable où les Maoris ont d’abord entendu le nom de Londres de la part des Britanniques au lieu de le voir écrit. Donc c’était plutôt « lahn-(d)un », et de là, vous ajoutez une voyelle et remplacez le L par un R et le tour est joué !

 

 

Mémorial de Jean Oui-Oui
Mémorial de Jean Guerren, dit "Jean le Oui-Oui"

 

 

L’histoire de Jean le Oui-Oui

Lorsque nous essayons de remonter le temps à la recherche de l’origine du terme Wiwi, les premières références que nous trouvons datent des années 1860. En revanche, les premiers Français ont visité la Nouvelle-Zélande (où beaucoup d’entre eux auraient été tués et mangés) en 1772, donc il pourrait être plus ancien encore.

En 1867, un Français du nom de Jean Guerren a été engagé par Ngāti Pukeko pour construire et exploiter un moulin à farine près de Whakatane. Il a été surnommé "John le oui-oui" ou "Hoani te Wiwi". Il a épousé la fille d’un chef local et a été tué le 11 mars 1869 alors qu’il défendait le moulin à farine contre une attaque des forces de Te Kooti (lors des guerres maories), qui ont assassiné sa famille et enlevé son épouse. Il y a maintenant un mémorial près de l’emplacement du vieux moulin.

 

Les guerres maories (en anglais : New Zealand Land Wars ou Maori Wars) sont une série de conflits militaires entre les forces coloniales britanniques et les Maoris de Nouvelle-Zélande entre 1845 et 1872. La cause principale de ces guerres était la vente de terres maories aux colons britanniques.

 

Screenshot d'un message sur Reddit

 

Selon Google traduction, en Māori, wiwi veut dire meadow (prairie) wiwī veut dire french (Français) et wīwī veut dire lean (maigre). La présence ou non d’accent a de quoi nous perdre. Même si le mystère reste entier, cette anecdote reste une pépite néo-zélandaise à connaître.

 

Ce qu’on retiendra quand même : wiwi baguette.