Après la crise politique liée à l’anniversaire de la catastrophe de Tempi, le Premier ministre Mitsotakis a entrepris un remaniement de son gouvernement. Il entend ainsi insuffler un nouvel élan à sa politique, avec des visages plus jeunes et des priorités clairement définies. Cette nouvelle équipe gouvernementale a été nommée le lendemain de la prise de fonction du nouveau président de la République, Konstantínos Tasoúlas. La prestation de serment des ministres a eu lieu ce samedi.


Un nouveau président intronisé
Jeudi, Konstantínos Tasoúlas a prêté serment en tant que nouveau président de la République. Deux partis – Course pour la Liberté et Solution Grecque – ont décidé de boycotter la cérémonie en signe de protestation. Ils accusent en effet le gouvernement d’avoir rompu une tradition en ne nommant pas une personnalité consensuelle à la présidence, Tasoúlas étant un baron de la Nouvelle Démocratie. Ce rejet de l’opposition est d’ailleurs la raison pour laquelle il n’avait été élu qu’au quatrième tour du scrutin présidentiel de février.
Chassé-croisé et nouveaux visages
Vendredi, Mitsotakis a annoncé un remaniement, le plus important de son mandat. Il espère ainsi mettre fin à la baisse de popularité de son gouvernement et donner l’élan à de nouvelles réformes.
Parmi les restants, certains ministres se voient promus. Kyriakos Pierrakakis, ministre sortant de l’Éducation devient ministre de l’Économie et des Finances. Il remplace Kostis Hatzidakis, devenu vice-Premier ministre. Makis Voridis, ministre d’État sortant, se voit attribuer le ministère de l’Immigration. Parmi les revenants, Christos Dimas, ancien ministre de l’Économie et du Développement, obtient le crucial ministère des Infrastructures et des Transports.
D’autres restent à la tête de leur ministère comme ceux de la Défense, des Affaires étrangères ou de l’Intérieur.
De nouveaux ministres font leur apparition, s’inscrivant dans la stratégie de Mitsotakis de rajeunissement de son administration. Parmi eux, Giannis Kefalogiannis, 42 ans, à la Protection civile ; Konstantinos Kyranakis, 38 ans, aux Transports, qui aura la charge de la réforme ferroviaire. Le nouveau ministre de l’Économie n’a de son côté que 41 ans. Cette nouvelle génération doit incarner la réforme et la modernité, mais aussi renforcer l’attrait du gouvernement auprès des jeunes, parmi lesquels il est particulièrement impopulaire.
De nouvelles priorités
« Ce remaniement envoie un double message : renouveau et action pour améliorer la vie des citoyens. Notre devise : plus vite, plus audacieux » a déclaré le Premier ministre lors de la première réunion du cabinet samedi. Il a insisté sur la nécessité d’obtenir des « résultats concrets » ainsi que de soigner « l’image et les interventions » du gouvernement.
Outre le rajeunissement, la structure du gouvernement est rationalisée autour des grands ministères. Le Premier ministre entend lui-même superviser certaines réformes au nom de l’efficacité gouvernementale. La présence de figures fortes du parti Nouvelle Démocratie doit permettre d’assurer l’unité de la majorité.
Une majorité qui se veut large puisque des ministres centristes-libéraux tels que Michalis Chrysochoidis à l’Intérieur et Lina Mendoni à la Culture côtoient Makis Voridis à l’Immigration, qui est un ancien de l’Alerte populaire orthodoxe, mouvement religieux nationaliste.
Le Premier ministre a également présenté ses « objectifs clairs et un plan pour les atteindre ». Parmi eux, priorité est donnée à la croissance économique, aux transports et à la politique d’immigration.
A deux ans des futures élections, le Premier ministre espère ainsi mettre la majorité en ordre de marche. En effet, trois sondages réalisés début mars – MRB ; GPO ; Interview – placent la Nouvelle Démocratie entre 25% et 27%, soit un score très insuffisant pour obtenir une majorité absolue, cela malgré la prime de cinquante sièges pour le parti arrivé en tête.
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