Le marché des exportations de produits agricoles marocains s’élargit jusqu’en Asie. Une dizaine de commerçants de fruits et légumes préparent, pour avril 2025, une tournée commerciale à Singapour et en Malaisie.


Une visite d’exploration de nouveaux marchés en Asie du Sud-Est est organisée par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). En collaboration avec FoodEx Maroc, ils cherchent à diversifier les marchés d’exportation du Royaume du Maroc, dans une région où la demande pour les produits frais et surgelés est en constante augmentation. Le but est de réduire sa dépendance au marché européen.
Une sélection rigoureuse pour conquérir les marchés asiatiques
Cette mission commerciale de six jours, du 21 avril au 26 avril 2025, fait l’objet de sélections. Les exportateurs seront qualifiés suivant des critères bien précis : la taille de la production, la capacité à exporter en grandes quantités et la préparation à se conformer aux normes sanitaires et environnementales requises sur les marchés asiatiques.
Les fournisseurs choisis rencontreront des importateurs singapouriens, à l’occasion de réunions d’affaires directes, puis des détaillants malaisiens à Kuala Lumpur.
Pourquoi Singapour et la Malaisie ?
Comme porte d'entrée commerciale pour l'ensemble de l'Asie, Singapour et la Malaisie sont des importateurs nets de produits frais. Leur population combinée avoisine les 40 millions d'habitants et est très diversifiée en termes de cultures, de religions, d'habitudes de consommation et de démographie. Leur croissance économique robuste est associée à une démographie saine. La tendance à une alimentation équilibrée crée de nouveaux créneaux pour les produits importés de haute qualité.
Le Maroc, figurant déjà parmi les leaders du marché local des myrtilles fraîches, a la possibilité de beaucoup d’autres opportunités dans les baies fraîches de première qualité, les avocats, les tomates cerises, les dattes de palme...
Exporter face à la sécheresse et à la crainte d’une hausse des prix sur les marchés locaux
L’ouverture du Maroc aux nouveaux marchés internationaux apparaît dans le contexte de crise hydrique persistante dans le pays. Les sécheresses affectent le secteur agricole et mettent en péril la production locale et l’équilibre entre l’exportation et les besoins nationaux. Une étude publiée par l’association Attac Maroc considère que la politique de soutien aux cultures destinées à l’exportation n’a pas réussi à améliorer la balance commerciale agricole, les exportations marocaines couvrant à peine 52 % des coûts des importations agricoles.
Le stress hydrique met les agriculteurs marocains sous pression. L’approvisionnement en quantités suffisantes pour l’exportation est rendue difficile, pouvant entraîner une baisse de celles-ci ou une hausse des prix sur les marchés étrangers.
Au-delà de cette hausse des prix à l’international, l’augmentation des exportations impacte aussi le marché local, notamment en matière de prix. La forte demande extérieure pour des produits comme les tomates, les agrumes ou encore les pastèques conduisent à une réduction de l’offre sur le marché intérieur et provoquent une flambée des prix qui pèse sur le pouvoir d’achat des Marocains.
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