La population italienne s’enfonce dans des tendances amorcées ces dernières années. En 2024, la fécondité tombe à un niveau historiquement bas, les ménages se réduisent mais l’espérance de vie augmente, selon le rapport annuel de l’Institut national de la statistique sur les indicateurs démographiques.


Le nombre de naissances diminue et la durée de vie moyenne des Italiens s'allonge. La tendance est confirmée par les indicateurs démographiques de l'Istat publiés lundi 31 mars. En 2024, le taux de fécondité a atteint un niveau historiquement bas avec 1,18 enfant par femme, un minimum historique depuis le précédent record de 1,19 en 1995. Parallèlement à la baisse de la fécondité, l'âge moyen à l'accouchement continue d'augmenter en 2024, s'établissant à 32,6 ans (+0,1 en dixième d'année par rapport à 2023).
De l’autre côté, « l'espérance de vie » continue à augmenter, atteignant 83,4 ans en 2024, soit près de cinq mois de plus qu'en 2023. « Cela impliquera un échelon supplémentaire pour l'âge de la retraite », expliquent les chercheurs de l’Istat lors de la conférence. En 2027, l'âge de départ à la retraite et les cotisations nécessaires pour atteindre la retraite anticipée augmenteront de trois mois pour atteindre 67 ans et trois mois pour la vieillesse et 43 ans et un mois pour la retraite anticipée.
Les décès diminuent également (651.000), soit 3,1% de moins qu'en 2023, un chiffre plus proche des niveaux d'avant la pandémie que de ceux de la période 2020-2022. Le solde naturel, soit la différence entre les naissances et les décès, reste donc fortement négatif (-281.000).
Composition réduite des ménages
Les familles se réduisent. En 2024, plus d’un ménage sur trois (36,2%) est composé d’une seule personne, alors que cette typologie ne représentait qu’un quart des familles (25,5%) il y a 20 ans.
Population italienne en diminution continue
Au 31 décembre 2024, la population italienne compte 58,934 millions d’habitants, en diminution de 37.000 personnes par rapport à la même date de l'année précédente. Et une tendance à la baisse ininterrompue depuis 2014.
Toutes les régions de la Botte ne sont cependant pas concernées. Alors que le Nord connaît une augmentation de 1,6 ‰, le Centre et le Sud voient le nombre d’habitants baisser, respectivement de 0,6 ‰ et de 3,8 ‰. Au niveau régional, la population augmente surtout dans le Trentin-Haut Adige (où la fécondité est aussi la plus élevée avec 1,39 enfants par femme en 2024), en Emilie-Romagne et en Lombardie, alors qu’elle chute principalement en Basilicate et en Sardaigne.
Record d’expatriés
L’année 2024 a par ailleurs connu une envolée de la population italienne vers l’étranger. Quelque 191 000 personnes ont quitté le Belpaese en 2024, soit 20,5% de plus que l’année précédente. Parmi eux, 156 000 sont de nationalité italienne, soit une augmentation de 36,5% en un an.
Parallèlement, l’Italie compte davantage de « nouveaux italiens » : 217 000 ont acquis la nationalité italienne en 2024, soit 3 000 de plus que l’année précédente, qui détenait alors le record.
Au 1er janvier 2025, la population résidente en Italie de nationalité étrangère est en augmentation de 3,2% par rapport à 2024. Elle représente ainsi 9,2% de la population totale.
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