À la veille d'un Conseil européen sur l’invasion russe et la défense européenne, Emmanuel Macron a pris la parole, mercredi 5 mars 2025, pour alerter sur les dangers que représentent la Russie pour la France et l'Europe, rappelant que « la guerre est de retour sur notre continent ». Le président a annoncé un renforcement des investissements militaires, sans hausse d'impôts, et a ouvert la porte à une réflexion sur le rôle de la dissuasion nucléaire française au sein du continent.


« La guerre est de retour sur notre continent ». Voici les mots lancés par Emmanuel Macron lors de son allocution le 5 mars 2025 qui dénonce « l’ambition impérialiste » de la Russie. Face à « l’illusion du statu quo » qui a trop longtemps bercé l’Europe, l’heure n’est plus à l’attentisme pour le président français. Le nouvel axe prioritaire d’Emmanuel Macron est donc de préparer la France et l’Europe aux conflits à venir, sans creuser davantage les déficits publics.
Un défi de taille alors que les budgets nationaux sont déjà sous pression. « Nous devons être lucides sur les risques, responsables sur les moyens et ambitieux dans nos réponses », a-t-il expliqué, excluant l’idée d’une hausse d’impôts pour financer les mesures de défense. Emmanuel Macron souhaite donc moderniser l’appareil militaire, intensifier la production d’armement et garantir une montée en puissance des forces françaises. Un cap déjà amorcé avec la loi de programmation militaire (413 milliards d’euros d’ici 2030), mais qui pourrait nécessiter un nouveau coup d’accélérateur.
La Russie est devenue une menace pour la France et pour l’Europe. pic.twitter.com/E4TnNo6x7B
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) March 5, 2025
L’Europe en retard
Au-delà de la France, Emmanuel Macron en appelle à une prise de conscience collective. Pour lui, l’Union européenne ne peut plus se contenter d’un rôle secondaire. « Nous ne pouvons plus nous reposer uniquement sur les États-Unis. L’Europe doit cesser d’être naïve et construire sa propre autonomie stratégique », a-t-il expliqué, visant notamment l’Allemagne et les pays encore réticents à augmenter leurs efforts de défense.
L’enjeu ne se limite pas aux dépenses militaires. Il plaide aussi pour une accélération des livraisons d’armes à l’Ukraine et une politique de sanctions plus strictes contre Moscou. Une ligne dure que certains jugent risquée mais pleinement assumée par Emmanuel Macron qui estime que « l’Ukraine se bat aussi pour notre sécurité. La laisser seule face à l’agresseur serait une faute historique » selon le président.
Vers une évolution de la dissuasion nucléaire ?
L’autre sujet important de l’allocution du président est la place de l’arme nucléaire française dans la défense du continent. Emmanuel Macron, qui a toujours défendu le concept de dissuasion, laisse désormais entendre qu’une nouvelle réflexion collective pourrait s’ouvrir. « Notre force de frappe est un élément clé de notre sécurité. Nous devons nous poser les bonnes questions sur son rôle au sein de l’Europe », a-t-il laissé entendre, sans donner davantage de détails. Dans un contexte politique international tendu où les équilibres géopolitiques se redessinent, Emmanuel Macron insiste pour « bâtir une Europe forte, capable de défendre ses intérêts », rappelant que « l’Histoire ne nous attendra pas ».
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